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"J’avais 13 ans lorsque j’ai lu les carnets de guerre de mon grand-père. Je me souviens parfaitement être resté plusieurs heures sur ma chaise, abasourdi- à la fois fasciné par le récit d’un homme que je connaissais (ou que je croyais connaître) et extrêmement touché par cette sensation unique et profondément émouvante d’avoir entre les mains des petits cahiers qui avaient traversé et vécu tant d’épreuves…

Tant d’années d’une destinée imprévisible, incroyable de non-sens et inimaginable pour ma génération. Comme si les mots que j’avais devant moi étaient réellement vivants…Et tous ces mots, je les prenais en pleine figure, telle une vague percutant de plein fouet les rochers. Je comprenais alors que la survie de ce jeune homme de vingt ans n’avait tenu, maintes fois, qu’à un cheveu et que les miens, longs à l’époque, existaient grâce à lui seul.

 

 

 

 

 

 

 

Je passais ma jeunesse à m’évader seul ou en groupe…la musique classique m’apaisait et le rock me libérait. L’énergie débordante et rebelle qui m’habitait, m’apportait ce souffle vital, dont mon grand-père avait sûrement manqué pendant toutes ces jeunes années qui construisent un homme.

Car lorsqu’on a vingt ans, n’est-on pas naturellement révolté par les injustices, n’est-on pas en quête perpétuelle de liberté et d’indépendance, voulant à tout prix hurler sa rage ou son mal de vivre ?

Sentiments universels,  messages constamment d’actualité, voilà ce qui a pu rapprocher un petit fils de son grand-père,  et permettre de nouer, de manière intime et personnelle, un dialogue impossible."

 (Damien Pouvreau)